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Trip au Maroc Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Nico   
22-11-2006

 

Raid  VTT Maroc
(du 30 octobre au 7 novembre)

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Comme je ne sais faire que 2 choses dans la vie : voyager et faire du vélo (et encore !)…Corinne me charge il y a un an a peu prés de trouver un raid vtt pour les 40 ans de Vincent. Dans le deal, je dois aussi accompagner le big one.

Après pas mal de recherche, j’opte pour le Maroc, J’ai un pote qui fait ça chaque année et il me donne l’adresse d’un guide qui organise des raids vtt.

 

Par bonheur, il a internet donc l’organisation du voyage est facile.

Le départ est donc prévu à la fin octobre. On part pour 5 jours de vtt plus 2 jours à Marrakech et 1 jour à Essaouira…..histoire de revenir moins con !

    Après 2h15 de vol, on débarque à 9h30 à Marrakech et on est un peu inquiets pour les vélos. Pas de problèmes, on récupère tous nos bagages et on prend la route pour les déposer chez le frère du guide. Sur la route, Vincent est effaré :

.. il a retrouvé les mobs Motobécane de sa jeunesse et en plus en super état (contrairement aux voitures).

 

Moi, ce qui m’impressionne le plus, c’est la conduite des autochtones : c’est la folie, les voitures se frôlent, les piétons sont obligés de se transformer en matador pour éviter les voitures….sans compte les calèches, les carrioles tirés par des mulet sur les grandes avenues…

 L’après midi est consacré à la visite de Marrakech, c’est vraiment dépaysant !

On commence à acheter des conneries dans le souk (la prochaine que vous voyez Vincent, regardez le bien : tout est faux chez lui sauf son bide….même son vélo c’est un Top bike déguisé en Epic). On en profite pour manger notre première ( et pas dernière) tagine.

Le lendemain c’est le grand jour. On part d’abord monter les vélos chez le frère du guide.

Mauvaise surprise, la peinture du cadre de mon vélo a morflé…sûrement un truc qui frottait sur le cadre dans le sac à vélo. Tant pis, sur mon Merlin, il n’y aura pas de peinture !

Après 1h de route on atteint la vallée de l’Ourika. Des inondations ont fait de gros dégâts une semaine avant notre arrivée. Quelques kilomètres avant notre destination la route est coupée…pas grave on mange une tagine, on récupère les vélos dans le 4x4 (enfin un vieux Ford Transit pourri…et 4x4 comme mon Alhambra) qui nous suit et on est fin prêt.

On découvre le vtt du guide : putain un Giant !!! un composite mais pas carbone non un composite tube de chauffage et de barreaux de prison…équipé Shimano brinquebalant de 1992, pas de pédales auto….le tout pour un poids modique de 15 kg. Même la chaîne d’Herald aurait paru neuve  dessus!

Soit le guide, c’est le cousin d’Hicham El Guerrouj, soit on va le tuer !

On part donc à 13h de Setti Fadma et de suite on doit quitter la piste qui suit une rivière : la crue a tout emporté.

On est de suite dans le vif du sujet, un monotrace qui traverse des villages bourrés de gamins qui nous courent après (ça me rappelle le Tour de 22)…ça s’annonce bien…..mais ça ne dure pas, le sentier devient impraticable et on doit porter les vélos en plein cagnard pendant 1h dans une pente terrible.

Je commence à regretter mes petits monotraces de Beaulieu !

Enfin on récupère la piste et on peut enfin rouler et le calvaire commence….pour le guide. Bon c’est sur ce n’est pas le cousin d’Hicham !!! Il n’avance pas…vous me direz c’est pas évident quand on est bloqué sur le petit pignon dans une pente à 7% !!

En tout cas, les paysages sont superbes, les sommets sont recouverts de neige. Plus de voitures, plus de mobs, plus rien en fait si ce n’est quelques villages et des paysans sur les mules. Des gamins nous coursent pendant plusieurs kilomètres avec des chaussures pourries…on discute un peu mais ils ne parlent que berbère…en tout cas on comprend qu’ils veulent essayer un Epic !!!

On atteint le plateau du Timenkar…ça me rappelle les Andes ou le Népal (je connais pas mais c’est pas grave). On est vraiment au trou du cul du monde !!! Le guide me dit que dans ces coins il n’y a pas grand monde qui passe…je confirme.

En attendant le guide j’ai branché mon détecteur de monotrace (je vais déposer un brevet) et on commence à voir des traces de départs de sentiers…suivis des descentes de folies !!!

J’en parle au guide et surprise, il me parle de single track …il connaît ça le bougre !!!! Et oui,même si d’habitude les groupes de blaireaux lui demandent plutôt de la piste !!!! On se met à genou et il nous promet du monotrace pour demain . Ca y est , maintenant c’est sur ….je bande !

Bon, il se fait tard et pas de Formule 1 à l’horizon. La nuit tombe et on retrouve notre 4x4 dans un village. On a perdu trop de temps dans le portage et on n’a pas le temps de rejoindre le gîte prévu. Pas grave, Lahcen Dorreur (c’est le nom de notre guide) s’arrête à la première maison et demande l’hospitalité. Aucun problème, on nous prépare même un repas chaud. Je sens que le gîte va être sommaire. En effet, on va dormir dans une bicoque en terre sur un tapis…mais il y a quand même une petite télé !!! Bon ça se corse pour la douche. On nous envoie vers un robinet en plein air à 100 de la maison. Il fait froid (on est à 2000m d’altitude), au sol de la boue et autour des gamins qui sont morts de rire quand on se fout à poil…putain c’est l’enfer… le confort ça a du bon !!!

Bilan de la première journée : 30 km, 3h de vélo et 1h de portage.

 Finalement, on a super bien dormi. Un bon petit dej et on repart le couteau entre les dents.

D’entrée on attaque un monotrace puis on arrive à la fin du plateau et c’est la falaise. C’est grandiose. Le monotrace est à flanc de falaise, c’est technique et surtout il y a du vide. Manque de bol, le sentier est coupé par un gigantesque éboulis…Vincent est super content, il va falloir porter….et pendant 1h juste le temps de surpendre 2 paysannes qui ramassent du bois et qui s’enfuient comme des gazelles en nous voyant ! Le ramassage de certains bois est interdit dans l’Atlas. Je ne savais pas que les gardes forestiers marocains étaient en tenue bleue du Team Saint Aunès.

Le monotrace reprend puis on retrouve une piste qui nous fait perdre 500 m de dénivelé en 10 min. C’est un peu rageant…surtout que d’en bas, on voit des sentiers qui débouchent.

Retour à la civilisation, on est sur du goudron et on se tape 6 km de montée puis 5 de plus sur une belle piste. Ensuite la piste devient plate en crête. Les paysages changent, on voit la plaine de Marrakech à nos pieds. Ca ressemble un peu au massif des Maures.

A midi, on déjeune à un col très fréquenté par les excursions de Marrakech. Pendant que Vincent fait la sieste, j’inspecte un peu les alentours…c’est bourré de single tracks. On force un peu la main au guide et on va passer une super après midi. Ca commence par un super monotrace puis quelques km de piste et ensuite nouveau monotrace très long et surtout peu emprunté. On se tire une bourre d’enfer. On a débranché le cerveau et on prend pas mal de risque. Le guide qui voit ça de loin commence à nous prendre pour des furieux.

On arrive à Imsker, terme de la 2ème étape. On dort dans un vrai gîte….mais il n’y a plus de place donc on va dormir à la cave…on s’habitue…surtout qu’il y a une douche.

Bilan de la deuxième journée : 50 km, 4h15 de vélo et 1h de portage.

 La 3ème journée commence par un monotrace de feu. On monte d’abord sur une terre bien tassée, rouge et sans caillou qui serpente à flanc de colline. On roule fort …c’est trop beau. On arrive au col, on attend le guide ….c’est pratique pour prendre des photos et on enchaîne par une superbe descente un peu plus caillouteuse et avec quelques passages chow-chow. Malheureusement on retombe sur une route qui nous conduit après 8 km d’effort à Imlil et à l’auberge du guide. Bonne surprise, c’est luxueux (pour le Maroc)…on va pouvoir se retaper ! En fait pas plus tôt arrivé, on demande au guide en guise d’apéro d’aller faire un petit tour. On va visiter un petit village au pied du djebel Toubkal puis sur le retour ; on enquille un sentier qui grimpe, c’est technique, faut un peu porter…je trouve ça beau…pas Vincent qui adore pourtant marcher !!! Il devient franchement furieux quand il voit la descente : c’est quasiment impraticable…et c’est reparti pour 30 minutes de portage…les oreilles de Lahcen sifflent.

Un bon thé à la menthe et une tagine et tout est oublié. Petite sieste et on repart vers Matat. La piste grimpe fort pendant 4 km, Vincent est déchaîné…il a du retrouver des restes de Jérôme dans sa trousse de toilette…

On arrive au village, le guide veut nous montrer un plateau qui surplombe le village avec un super panorama. La piste est défoncée, Vincent puis le guide renoncent. Pour atteindre ce plateau, je dois porter les 500 derniers mètres. La récompense est au bout : un plateau recouvert d’un herbe verte parsemée de fleurs blanches, entouré de falaises et vue imprenable sur le Toubkal (4160m plus haut sommet de l’Atlas). En bas, une tâche (c’est la cas de le dire) jaune, c’est Vincent. Je le retrouve tranquillement installé sur le toit d’une maison en train de boire un thé à la menthe et de tremper du pain dans de l’huile d’olive…bonjour le régime, mon gros ! Il est prêt pour la descente : 3, 4km de single de village en village, ça tabasse mais quel pied !!! On descend comme des barges mais ça passe.

Bilan de la troisième journée : 50 km, 4h30 de vélo et 1h de portage.

 Aujourd’hui, le guide a prévu une boucle autour de chez lui. Pas fou et surtout complètement cuit, il nous donne rdv avec le 4x4 en plusieurs points. Ca commence par 7 km de montée sur une belle piste, c’est plein de marcheurs et Tagada en chie. On arrive  à un col perché à 2500 m. La vue est superbe. On redescend un peu vers le village de Tacchedirt. La vallée est magnifique …sommets enneigés, torrents limpides, cultures en terrasses et  villages typiques. Après le repas, fini la piste et on repart sur un long monotrace descendant qui relie plusieurs villages. A chaque fois dans ces villages, c’est un véritable labyrinthe…heureusement les gamins nous indiquent la sortie. On reprend une piste qui nous ramène à Imsker. Là encore mon détecteur de monotrace m’indique plusieurs sentiers qui dévalent des montagnes. Pas de doute, faudra revenir par ici !

On se refait le superbe single de terre rouge du 3ème jour, c’est encore plus beau car le soleil est au rdv.

Sur le retour, on demande au guide de nous conduire à Matat pour se refaire la descente de la veille. Cette fois ci, c’est sur il nous prend pour des malades ! On n’est pas venu ici pour se reposer. D ‘ailleurs après la descente, et pour revenir à l’auberge j’ai repéré un sentier de l’autre coté de la vallée. Ca commence bien mais le sentier se perd et nouveau portage pendant 30 min…il en fallait bien un aujourd’hui. Vincent pas fou m’observe depuis la route.

Bilan de la quatrième journée : 50 km, 4h40 de vélo et 30 min de portage.

 Dernier jour. Au programme, on monte à pied à un col à 2600m, les vélos sur des mules puis on redescend par un monotrace pour retrouver un taxi qui doit nous ramener à Marrakech.

Pour mettre les vélos sur la mule, c’est folklo. Surtout qu’il n’y pas de barres de toit. Ils sont 6 marocains à s’y atteler et après 2 ou 3 tentatives, ils y parviennent enfin. Vincent se trouve une âme de marcheur et on arrive au bout 1h20 au sommet. On décharge vite fait la mule…on est pressé de descendre. D’après Lahcen, c’est de la balle. Oh le con, il n’a pas tort ! La plus belle descente de ma vie. 7 km de descente dans une forêt de genévriers géants et des paysages extraordinaires; Un monotrace hyper propre mais engagé, à flanc et qui n’a pas dû souvent voir des vtt. On s’arrête tous les 100 m pour prendre des photos. La fin de la descente est plus technique mais je suis chaud comme la braise et ça passe presque partout. La vidéo est prise là (si vous ne l’avez pas reçu, je peux encore vous l’envoyer 4 fois !!). Vincent est un peu plus sur la défensive, il s’est pris une boite monumentale sur le haut en regardant les paysages...à moins qu’il ait flashé sur une chèvre !!!

On déjeune au bord d’un torrent dans une vallée verdoyante. Dernière étape : ça commence par une piste qui monte doucement pendant 10 bornes pour atteindre un col. Le guide nous laisse le choix : on peut redescendre soit par la piste soit par un monotrace. Le choix est vite fait : pendant 4km une descente de feu dans les chênes …tout passe mais putain ça fait mal aux bras ! On en profite au maximum, on lâche les freins, un peu de spectacle dans les villages…. mais en bas, on retombe sur la route…le raid est fini…une voiture nous attend et retour sur Marrakech.

 On passe les 2 derniers jours à Marrakech à visiter et à acheter des conneries dans le souk.

Pas d’Essaouira car j’ai fait ma bulle, j’ai paumé mon passeport. On passe donc une matinée à faire des formalités à l’aéroport et dans un commissariat ( je vous le conseille, c’est charmant) puis une autre au consulat ( là aussi une bande de connards)…bref une bonne fin de voyages !!!

 

 

 

 

Dernière mise à jour : ( 06-06-2007 )
 
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